Swiss Gas Connection - La Confédération soutient la construction d'un nouveau gazoduc et sape la transition énergétique

Sandro Leuenberger

Nov. 14, 2017


 

 

 

 

 

 

 

Signer maintenant la pétition "Confédération: Non au gaz des dictateurs - Oui à la sortie du gaz": https://actionsprout.io/B4F6D4/thanks

Document en PDF: 

Prise de position NoTAP de fossil-free.ch_6rzF4rm.pdf (111,1 KB)

Les opposants à la construction du Trans Adriatic Pipeline TAP ont protesté aujourd'hui dans plusieurs villes européennes. Ils résistent donc à ce qu'ils considèrent comme une construction superflue qui conduirait à une offre excédentaire de gaz naturel nuisible à l’équilibre climatique en Europe, et se dirigent  contre le déblocage prochain d'un montant total de quelque 8,5 milliards d'Euros par la Banque européenne d'investissement (BEI), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et d'autres institutions financières communautaires en vue de la mise en place du TAP.

La confédération, Axpo et le consortium TAP basé à Baar ont conçu et promu le corridor gazier sud. L'achèvement du projet permettrait à l'Europe de fournir du gaz en provenance des gisements azerbaïdjanais et de la région caspienne via la Turquie. La construction du TAP permettrait de combler la brèche entre la Grèce et l'Italie et de faire de la Suisse le centre gazier de l'Europe. Au lieu d'élaborer une stratégie visant à éliminer progressivement le gaz naturel, le gouvernement fédéral sape la révolution énergétique européenne. Le partenariat énergétique avec l'Azerbaïdjan est controversé. Divers scandales de corruption ont ébranlé le régime autoritaire. 

Walter Steinmann, ancien directeur de l'Office fédéral de l'énergie (OFEN), a salué le rôle essentiel de la Confédération suisse à l'ouverture de la section grecque avec les mots "TAP - une idée née en Suisse".

La Conseillère fédérale Doris Leuthard s'est rendue en Azerbaïdjan en 2011. Deux ans plus tard, Walter Steinmann a participé à la signature du contrat du consortium TAP. Le gouvernement fédéral a agi en tant que représentant des parties prenantes d'Axpo, qui détenait à l'époque une participation de plus de 40 % dans le TAP. Bien que l'endettement d'Axpo ait réduit sa participation dans le consortium international TAP à 5 % peu de temps après en raison des risques financiers, Guillaume Cassaigneau, conseiller diplomatique de l'OFEN et du DFAE, a continué à soutenir la société de gaz naturel en 2016. Le TAP, qui réside dans le paradis fiscal Baar, est principalement financé par BP de Grande-Bretagne, Statoil de Norvège et le groupe azerbaïdjanais SOCAR.

Ainsi, le gouvernement fédéral et l'Axpo, très endetté, misent toujours sur la coopération avec les dictateurs corrompus d'Azerbaïdjan et de Turquie. Transparency International a classé la SOCAR, société d'État, au dernier rang dans une enquête sur la corruption menée auprès de 44 sociétés pétrolières; l'Azerbaïdjan se classe également au dernier rang dans le classement mondial de la corruption.

La construction du pipeline rencontre une forte opposition dans les Pouilles, en Italie. Grâce à des actions de résistance de grande envergure et à une lettre de protestation adressée au gouvernement italien par les 94 présidents municipaux et communautaires des municipalités touchées, un vaste mouvement contre la menace de destruction de l'environnement s'est formé. La résistance civile se concentre actuellement sur l'empêchement du TAP d'atteindre le point de rencontre avec le continent: San Foca / Melendugno.

La construction de l'autoroute du gaz est dépassée. Elle menace la stratégie énergétique 2050 du gouvernement fédéral et le transition énergétique européenne. Le corridor sud crée des contraintes qui conduisent à une extension indésirable de l'utilisation du gaz naturel, alors que la promotion des énergies renouvelables et de l'isolation des bâtiments ne progressent pas suffisamment. Le gaz naturel est souvent considéré à tort comme une énergie de transition pour une période limitée dans le contexte de la politique climatique mondiale. Toutefois, le développement de nouveaux gisements de gaz et la construction de pipelines transportant des combustibles fossiles ne sont plus durables compte tenu de leurs conséquences évidentes sur le changement climatique. Ce qu'il faut, c'est une stratégie de sortie qui permettra d'abandonner le gaz fossile d'ici 20 ans.

Sources et informations complémentaires: